Table des matières

EUDI Wallet et ROI des banques : les 4 avantages de l’identité numérique

Intégrer l’identité numérique dans vos processus : quel ROI opérationnel pour les banques ?

Le portefeuille EUDI arrive et les institutions financières vont devoir l’intégrer à leurs processus. Les questions qui occupent désormais l’esprit des dirigeants est : qu’est-ce que cette intégration apporte concrètement, quel est le coût et quels sont les délais ?

L’enquête BCG x Namirial sur l’identité numérique dans la banque européenne fournit les réponses les plus précises disponibles aujourd’hui. Découvrez quelques données sur l’EUDI Wallet et ROI des banques autour de quatre dimensions opérationnelles et ce que cela implique concrètement pour votre feuille de route.

1. Onboarding : de 10 minutes à 10 secondes

Le rapport BCG x Namirial indique qu’un onboarding réalisé avec le wallet peut réduire la vérification KYC de dix minutes voire parfois plus à moins de dix secondes grâce à la confirmation automatique permise grâce au wallet.

C’est le résultat du remplacement du téléchargement de document, de la vérification de preuve du vivant, de la file d’attente de révision parfois manuelle et du contrôle croisé des données par une unique présentation d’une credential cryptographiquement vérifiée issu du portefeuille EUDI du client. Cela implique aucune image à analyser, pas de contrôle manuel et aucune attente dû aux différents contrôles réglementaires à effectuer.

L’impact en aval est également mesurable autour de trois métriques particulièrement importantes pour les équipes d’acquisition digitale :

Taux d’abandon. Chaque étape supplémentaire dans un parcours d’onboarding augmente la probabilité de décrochage. Les flux basés sur wallet réduisent à quelques secondes les étapes à forte friction (vérification d’adresse, d’identité, confirmation de revenus…). Moins d’étapes signifie moins d’abandons par les utilisateurs.

Taux de conversion. Un délai d’activation plus court se traduit directement par un taux de conversion plus élevé sur les parcours d’acquisition digitale. Pour les institutions traitant des dizaines de milliers de demandes d’onboarding par mois, même une amélioration modeste du taux de conversion représente un impact significatif sur les revenus.

Coût par client intégré. Les coûts de révision manuelle sont éliminés à l’échelle. L’institution reçoit une credential pré-vérifiée et infalsifiable plutôt qu’un document nécessitant un contrôle humain ou automatisé. Par conséquent, le coût opérationnel par client diminue.

Pour les institutions qui évaluent le cas d’usage de l’intégration précoce du wallet, l’efficacité de l’onboarding est la source de ROI la plus rapide et la plus mesurable. Elle ne nécessite pas de nouveaux modèles de revenus : elle opère sur des processus qui existent déjà et les améliore dès le premier jour du déploiement.

2. Prévention de la fraude : des confirmations structurelles et plus probabilistes

La vérification traditionnelle basée sur les documents est aujourd’hui en grande partie probabiliste : elle évalue la probabilité qu’un document soit authentique. Les deepfakes, les identités synthétiques et les documents générés par IA ont progressivement réduit la fiabilité de cette évaluation. Les outils dont disposent les fraudeurs ont progressé parfois plus vite que les mécanismes de détection déployés pour lutter contre la fraude.

Les credentials vérifiées par wallet changent l’architecture de risque. Une credential émise par un prestataire de services de confiance qualifié et stockée dans un portefeuille EUDI contrôlé par l’utilisateur est liée cryptographiquement à la fois à l’autorité émettrice et au détenteur individuel. Elle ne peut pas être reproduite en téléchargeant une image manipulée. Elle ne peut pas être usurpée en générant un visage synthétique. La vérification ne porte pas sur un document : elle porte sur une preuve cryptographique.

Le rapport BCG x Namirial rend l’implication explicite : « Les deepfakes et les identités synthétiques ne peuvent pas contourner cette barrière structurelle. »

Pour les équipes en charge de la gestion des risques et de la lutte contre la fraude, cette distinction est significative. Un contrôle structurel ne se dégrade pas à mesure que les outils de fraude s’améliorent. Il ne nécessite pas de recalibration continue des seuils de détection. Il élève la barrière de sécurité au point d’entré, à savoir le moment de l’onboarding, de sorte que les contrôles basés sur les documents ne peuvent pas égaler à l’échelle.

Le ROI ici ne se matérialise pas en un seul chiffre. Il s’exprime dans la réduction cumulée des pertes liées à la fraude, des coûts de remédiation, de l’exposition réglementaire et du risque réputationnel sur l’ensemble du tunnel d’acquisition client.

3. KYC et AML : éliminer le coût de la duplication de processus

L’un des facteurs de coût les plus persistants dans la conformité des services financiers est la répétition de la vérification d’identité entre les produits, les canaux et les entités. Un client vérifié à un niveau élevé lors de l’onboarding passe par un processus identique lorsqu’il ouvre un second produit, met à jour son adresse ou interagit avec une entité différente au sein du même groupe.

Les cadres réglementaires ont historiquement créé une ambiguïté quant à la possibilité de s’appuyer sur une vérification antérieure. Cette ambiguïté est désormais en cours de résolution.

La convergence d’eIDAS 2.0 et de l’AMLR (applicable à partir de juillet 2027) permet formellement à un seul processus de vérification d’identité, certifié selon les normes ETSI TS 119 461 v2, de satisfaire simultanément aux exigences d’eIDAS 2.0, de l’AMLR et du PSD2/PSD3. Comme le note le rapport BCG x Namirial, cela supprime « le besoin de processus de conformité distincts pour chaque régime réglementaire. »

Les credentials basées sur le wallet rendent cette réutilisation concrète. Un client vérifié une fois dispose d’une credential portable et cryptographiquement sécurisée qui peut être partagée de manière sélective entre services, institutions et juridictions, avec le consentement explicite de l’utilisateur, sans nécessiter de re-vérification à chaque parcours digital.

Les implications en termes de coût sont concrètes : réduction de la duplication des processus dans le cadre du KYC et de l’AML, diminution du coût du suivi continu et réduction des risques de non-conformité avec le RGPD liée à la détention et au traitement de données pour lesquelles les clients n’ont pas donné d’autorisation spécifique.

Au-delà de l’identité, les attributs financiers vérifiés (fourchette de revenus, propriété de l’IBAN, statut du compte, indicateurs de solvabilité) sont délivrés instantanément à la demande et partagés de manière sélective par le client. Cela réduit encore davantage la charge de collecte de données associée à l’origination de produits et à la diligence raisonnable continue.

4. Agences et canaux en présentiel : des gains qui vont au-delà du digital

Le cas d’efficacité opérationnelle ne se limite pas à l’acquisition digitale. Pour les institutions disposant de réseaux d’agences significatifs, la recherche BCG x Namirial met en évidence une autre source de gain mesurable : l’élimination de la saisie manuelle de données au guichet.

Aujourd’hui, un client qui se présente en agence pour ouvrir un compte ou finaliser une transaction réglementée déclenche un processus de demande de documents, de transcription manuelle et de réconciliation avec les dossiers existants. Chaque étape introduit la possibilité d’une erreur de transcription, d’une faille de conformité et d’un retard de traitement.

La vérification par wallet remplace cela par une unique présentation de credential. Le client partage son identité vérifiée en quelques secondes, les données sont renseignées automatiquement et le conseiller peut se concentrer sur l’échange, l’accompagnement et le conseil plutôt que sur l’administratif. Pour les institutions traitant des volumes importants de transactions en agence, la réduction cumulée du temps de traitement et du taux d’erreur est substantielle.

Le rapport BCG x Namirial identifie un bénéfice supplémentaire : les flux de pré-rendez-vous proactifs. C’est-à-dire qu’un client qui partage ses credentials wallet avant une visite en agence permet à l’institution de préparer son dossier avant son arrivée. Le temps passé en agence est réduit, et la performance opérationnelle est augmentée. L’expérience s’améliore pour le client mais aussi pour le collaborateur.

Un directeur des opérations senior d’une grande banque européenne a résumé la direction avec précision : « La banque de demain que j’ai en tête est une banque intelligente, où grâce à des technologies comme celles-ci, les clients vivent des processus ultra-rapides. L’objectif ultime est le zéro back-office : tout automatisé, en temps réel, sur la base de données certifiées. »

La question du séquençage : par où commencer ?

Les quatre gains ci-dessus opèrent à des points différents du cycle de vie client, et tous ne requièrent pas le même niveau de maturité de l’écosystème pour être captés.

L’efficacité de l’onboarding et la prévention de la fraude sont effectives dès l’intégration du wallet et l’utilisation des credentials EUDI Wallet par les clients. Ces gains ne dépendent pas de la mise en place de l’écosystème complet : ils génèrent de la valeur dès le premier jour.

Les gains d’efficacité KYC et AML commencent à s’amplifier à mesure que le modèle de réutilisation des credentials se normalise dans l’ensemble des parcours (par service, gamme de produits etc.). Cela s’accéléra avec l’application, à partir de juillet 2027 de l’AMLR. Aussi, l’investissement réalisé dès maintenant commencera à générer pour les organisations une valeur composée à l’approche des échéances réglementaires.

L’efficacité en agence est, quant-à-elle, un gain à plus long terme. En effet, cela dépend de l’adoption du wallet à une échelle suffisante parmi la clientèle. Mais l’infrastructure nécessaire étant la même : les institutions qui intègreront tôt cet outil observeront des gains sur l’onboarding digital et gagneront en efficacité en agence dès que l’adoption le justifiera.

L’implication pour le séquençage est donc directe et concrète. Le cas d’usage pour l’intégration du wallet ne nécessite pas d’attendre que les quatre gains soient simultanément disponibles. L’onboarding et la prévention de la fraude seuls sont suffisants pour justifier l’investissement. Les gains restants suivront à mesure que l’écosystème gagnera en maturité !


TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT LE LIVRE BLANC

Le livre blanc BCG x Namirial sur l’identité numérique pousse la réflexion plus loin. Il aborde notamment la chaîne de valeur complète de l’écosystème EUDI (rôles des gouvernements, QTSP, bureaux de crédit et institutions financières), les trois positions stratégiques disponibles pour les banques au-delà de l’efficacité opérationnelle (attestation d’attributs, KYC-as-a-Service, opérateur de wallet), les modèles nationaux d’implémentation en Italie, Espagne, France et Allemagne, et propose une feuille de route d’exécution en trois phases avec des orientations concrètes de séquençage.

Si votre institution se trouve actuellement dans la phase de fondations ou de construction et d’intégration, notre étude fournit le cadre analytique et les benchmarks nécessaires pour prendre des décisions avec clarté.

Autres articles