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L’identité numérique : un tournant structurel et un réel enjeu pour les institutions financières

L’identité numérique à un tournant structurel

Pendant des décennies, vérifier l’identité d’un client signifiait de demander à ce dernier de prouver qui il était, systématiquement et à chaque début de parcours. Cela impliquait : télécharger les documents d’identité, réaliser un selfie, parfois vidéo, attendre un contrôle parfois manuel. Et recommencer ce processus à chaque transaction.

Ce modèle est en train de s’effondrer. Les organisations qui comprennent pourquoi, et anticipent la suite, seront les mieux positionnées pour s’imposer dans la prochaine phase de la finance numérique.

Un modèle conçu pour une époque obsolète

La gestion traditionnelle de l’identité et de son contrôle dans les services financiers repose sur trois hypothèses qui ne sont désormais plus valables.

  • Première hypothèse : la vérification ponctuelle suffit. Un client est contrôlé une fois lors de l’onboarding, et son identité est considérée comme valide indéfiniment.
  • Deuxième hypothèse : les processus d’identité peuvent rester cloisonnés. Chaque institution réalise ses propres contrôles indépendants.
  • Troisième hypothèse : les contrôles documentaires constituent une barrière crédible contre la fraude.

Aucune de ces hypothèses ne tient aujourd’hui pour de multiples raisons.

Les utilisateurs interagissent avec des dizaines de plateformes, de services et de juridictions. Ils attendent voire exigent continuité, rapidité et respect de leur vie privée. En parallèle, les fraudeurs disposent d’outils (deepfakes, identités synthétiques, documents générés par IA) qui rendent les vérifications documentaires traditionnelles de moins en moins efficaces.

Zoom sur les trois forces qui accélèrent la transformation

La fraude par IA dépasse les contrôles traditionnels. La fraude à l’identité est devenue plus sophistiquée et plus scalable que jamais. Les deepfakes peuvent reproduire de manière convaincante le visage et la voix d’une personne. Les identités synthétiques combinent données réelles et inventées d’une façon qui peut contourner les contrôles documentaires et d’identité basiques. Aussi, les processus de vérification manuelle qui fonctionnaient en 2015 sont inadaptés aux menaces de 2025.

Les géants du numérique redéfinissent les attentes des utilisateurs. Apple et Google ont impulsé un véritable changement en proposant une expérience d’identité fluide et basée sur un wallet : stocker son identité une fois, s’authentifier sur toutes les applications, autoriser des paiements en un clic. Les utilisateurs qui vivent ce niveau de commodité ne reviennent pas patiemment vers des formulaires de téléchargement en plusieurs étapes. Le niveau d’exigence a changé, et les institutions financières doivent s’adapter.

La réglementation européenne converge vers un cadre de confiance unifié. eIDAS 2.0, AMLR, PSD3, RGPD, DORA et NIS2 ne sont plus des chantiers réglementaires séparés. Ils convergent vers un environnement interconnecté où l’identité devient une couche de contrôle centrale couvrant à la fois la conformité, la sécurité et les processus métier. Le portefeuille d’identité numérique européen (EUDI Wallet) est au cœur de cette transformation, permettant aux individus de stocker et partager des identifiants vérifiés au-delà des frontières, des plateformes et des services.

Ce que l’eIDAS 2.0 change concrètement

Le règlement eIDAS original, introduit en 2014, a standardisé les signatures électroniques et permis leur reconnaissance juridique transfrontalière. C’était une étape importante et structurante du cadre réglementaire européen. Mais son impact sur l’identité numérique en elle-même était limité : l’identité restait fragmentée entre les dispositifs nationaux, avec une adoption inégale et un écart significatif entre l’intention réglementaire et la réalité du terrain.

L’eIDAS 2.0 (règlement UE 2024/1183, en vigueur depuis mai 2024) adopte une approche fondamentalement différente. Plutôt que de standardiser un processus, il introduit une infrastructure portable : le portefeuille EUDI. Via ce portefeuille, les individus peuvent stocker leurs données d’identification personnelles, leurs attributs financiers et leurs qualifications professionnelles, et les partager de manière sélective et sécurisée entre services, sans répéter la vérification à chaque fois.

L’identité passe ainsi d’un contrôle ponctuel à un actif réutilisable, transférable et portable. Une personne fait vérifier son identité une première fois, et cette identité vérifiée l’accompagne, entre institutions, entre pays, et à travers différents cas d’usage.

Qu’est-ce que cela implique concrètement pour les banques et institutions financières ?

Pour les entreprises du secteur, cette transformation crée à la fois une urgence et une réelle opportunité.

Du côté de la conformité, les échéances sont claires. Les portefeuilles EUDI doivent être disponibles dans tous les États membres de l’UE d’ici décembre 2026. Les banques, prestataires de services de paiement et assureurs devront accepter le portefeuille EUDI pour l’identification et l’authentification des clients d’ici décembre 2027.

Mais la conformité n’est que le plancher, pas le plafond.

Les institutions qui s’adaptent rapidement pourront : réduire l’onboarding de dix minutes à moins de dix secondes grâce à la confirmation automatique. Elles diminueront les doublons dans les processus KYC et AML. Elles minimiseront drastiquement les risques de fraude à l’identité. Enfin, elles se positionneront dans un écosystème où les données financières vérifiées (propriété d’IBAN, fourchette de revenus, solvabilité) pourront devenir la base de modèles de services entièrement nouveaux.

Les institutions qui attendent se retrouveront à s’intégrer dans un écosystème déjà façonné par d’autres et devront s’adapter rapidement (au risque de mal intégrer ce nouvel outil à leur parcours).

La question n’est donc pas de savoir si les institutions doivent s’adapter, mais à quelle vitesse !

L’identité numérique n’est pas une simple conformité à intégrer en back-office. Elle est en train de devenir la couche d’infrastructure sur laquelle s’appuient simultanément les relations clients, la lutte contre la fraude, la conformité réglementaire et les nouveaux modèles commerciaux.

Les organisations qui considèrent ce changement comme une priorité stratégique, et non comme un projet informatique ou une case à cocher réglementaire, seront celles qui définiront ce que signifie la finance numérique de confiance en Europe au cours de la prochaine décennie.

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Chez Namirial, nous fournissons l’infrastructure de confiance qualifiée qui permet aux institutions financières de naviguer dans cette transition : de l’intégration du wallet à la gestion des identifiants, en passant par la vérification d’identité transfrontalière et les services conformes à l’eIDAS 2.0.

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